Entreprendre en Algérie depuis l'étranger : ce que dix ans d'allers-retours m'ont appris
Je développe des entreprises en Algérie depuis 2014 tout en vivant entre la Suisse et la France. On parle souvent de stratégie et de financement. Les vrais leviers sont parfois beaucoup plus simples.
Quand on entreprend en Algérie depuis l'étranger, on parle beaucoup de vision, de réseau, de financement, de timing. Tout cela compte. Mais avec le temps, j'ai compris que ce qui fait la différence au quotidien tient souvent à des choses très concrètes.
La logistique n'est pas un détail
Décollage à 6h20, atterrissage à Alger vers 6h40 heure locale. Avec les vols du matin depuis le sud de la France, on peut arriver tôt, enchaîner les rendez-vous et même repartir le soir.
Je le dis souvent à ceux qui veulent développer une activité en Algérie en vivant ailleurs : rapprochez-vous d'un aéroport qui dessert le pays en direct. Pouvoir décider d'un déplacement quelques jours avant, planifier ses allers-retours méthodiquement, rester proche du terrain sans tout déplacer autour de soi : ce n'est plus du confort, c'est de l'efficacité.
En affaires, il ne faut pas seulement réfléchir à l'endroit où l'on vit. Il faut réfléchir à l'endroit à partir duquel on exécute le mieux.
Beaucoup veulent se lancer, peu franchissent le pas
Lors d'une rencontre à Genève autour de l'écosystème entrepreneurial algérien, un constat revenait sans cesse : beaucoup de membres de la diaspora souhaitent entreprendre, investir ou s'impliquer en Algérie, mais freinent face aux démarches, à la distance ou à la complexité perçue.
Cette complexité est réelle, mais elle se gère. Une grande partie du processus de création peut avancer à distance, et certaines formalités peuvent être confiées à un mandataire par procuration. L'essentiel est d'avoir sur place un point d'appui fiable.
Avoir une adresse et un lieu, pas seulement une boîte aux lettres
C'est l'une des raisons pour lesquelles nous avons créé Ikosim Tech Hub à Dély Ibrahim. Quand j'arrive à Alger, je m'y rends presque toujours, pas seulement en tant que cofondateur, mais pour y travailler.
J'y ai d'ailleurs domicilié KMY ascenseurs pour sa transformation en SPA. Nous pouvons y accueillir les actionnaires sans être à l'étroit, y organiser des réunions comme des événements. Une adresse de siège n'a de valeur que si l'on peut réellement y recevoir.
Le déclic : le registre de commerce
Une idée ne vaut rien tant qu'elle n'est pas exécutée. Le jour où l'on tient enfin son registre de commerce entre les mains, quelque chose change : le projet devient concret.
Si vous vivez à l'étranger et que vous voulez créer en Algérie, commencez par trois choses : un projet clair, une adresse de siège, et quelqu'un sur place pour faire avancer les démarches. Le reste se construit en avançant.
Ceux qui développent entre l'étranger et l'Algérie comprendront.


